Humour et satire
Il y a un an,
les frères Kouachi sauvaient
Charlie Hebdo de la faillite
Si l’on peut reprocher – avec une mauvaise foi affirmée – à François Hollande de profiter indirectement de l’émotion suscitée par les attentats de 2015, ne peut-on pour les mêmes raisons titiller le menton de Charlie Hebdo, journal underground devenu institution nationale ? D’ici à ce que Cavanna soit publié par la Pléiade, Charb enterré au Panthéon et le sublime cul féminin de la loi 1905 tatoué « Ni Dieu ni maître » par Wolinski accroché au Louvre, il n’y a qu’un pas à effectuer, celui du temps qui passe et repasse en boucle… Comme Maryse Wolinski qui se téléporte d’un plateau télé à un autre pour promouvoir son livre en mettant inlassablement les points sur les « i ».
Cette semaine a été riche en (livres) témoignages sur les attentats, c’est le moins qu’on puisse dire ! Des premiers concernés qui raclent les fonds de tiroir de leurs collègues disparus aux anonymes qui ont survécu et monnayé leurs souvenirs, tous nous ont gavé saoulé des jours durant. Ce qui devait être un anniversaire pédagogique s’est transformé en barnum médiatique, toutes rédactions confondues ! Overdose, comme toujours… Même les hérauts des religions, prompts à dégainer leur fatwa ou leur goupillon d’exorciste dès qu’un salopard d’athée accroche un poisson d’avril dans le dos de Moïse, n’ont osé, à la vue de la une (géniale) de Charlie Hebdo, déranger la symphonie consenso-pathétique de la commémoration du 7 janvier.
Parce que Charlie Hebdo est devenu le journal le plus connu du monde et la référence en matière de liberté d’expression. En tant que modèle du genre (satirique), Charlie fait désormais partie des puissants et peut (et doit) à ce titre être raillé comme toute autre institution morale et politique. Par exemple pour son (nouveau) rapport à l’argent, déjà source de querelles picochrolines à l’époque des vaches maigres. Ou tout simplement pour son manque d’autodérision, viatique incontournable de tout professionnel du rire…
Las ! Ce n’est pas le terrorisme qui tuera l’esprit Charlie. C’est le fric.
N'ETRE FRANCAIS...
Attention : une bi-nationale n’est pas une autoroute de seconde zone !
Mais que fait le directeur
de cabinet de VALLS ?
Héros hic
Puisque, selon le philosophe Carlo Strenger, auteur du Mépris civilisé, j’ai le droit d’offenser (et de le subir en retour) toute idée trouble à ma raison, je me permets de soulever un autre coin poussiéreux du tapis de prière, celui que foulent les héros.
Prenons celui de l’Hyper Cacher : Lassana Bathily, modeste malien devenu le français préféré de Hollande et une icône internationale. Vous le savez tous, tant ça passe en boucle, il aurait entraîné des otages au sous-sol avant de les cacher dans une chambre froide, coupé le système de refroidissement, rassuré tout le monde, puis se serait échappé seul pour briefer enfin les forces de police sur la disposition des lieux. Un héros, quoi. Sauf que.
Sauf que Yohann Dorai, un des otages de l’Hyper Cacher, raconte dans son livre (Cf. L’Express du 6 janvier) une tout autre version : ce serait lui en tant qu’ancien chauffagiste qui aurait coupé les fils du moteur de réfrigération et son ami Rudy qui aurait guidé les victimes au sous-sol… Comme le dit Yohann, certes, les otages doivent « une fière chandelle à l’employé malien (…) pour avoir renseigné le RAID sur la topographie des lieux. C’est un type bien. Mais alors, pourquoi en rajouter ? ». Un mensonge passe mieux accolé à une vérité ? Yohann donne donc sa version des faits, sans porter d’accusation. Sans doute parce qu’il comprend que ledit héros est trop couvert d’honneurs pour qu’on puisse faire marche arrière. Trop de monde serait éclaboussé. Et puisque deux héros n’en font pas un, la France a davantage besoin en l’occurrence d’un héros musulman – qui plus est, émigré sans papiers – qu’un héros juif, quitte à faire une entorse à la vérité, ainsi que le déplore avec amertume ce dernier. Opportunité politique ?
Qui ment, en fin de compte ? Je vous laisse juge : Bathily raconte dans son livre avoir toujours fui devant le moindre danger. Son titre : Je ne suis pas un héros. En effet, si c’est lui qui le dit… en toute modestie.
Pour Hollande, le seul état d’urgence qui vaille vraiment n’est ni sécuritaire ni économique ; c’est celui de sa réélection.
Hommage unanime des politiques
autour du décès
de Lemmy Killminster
A bientôt peut-être…
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